Éco-anxiété ou les symptômes d’un monde malade

Lors de mon stage chez GreenMa, on m’a parlé du film Don’t look up sur Netflix qui évoque de façon métaphorique comment les politiques prennent en compte les questions climatiques. 

C’est un film qui met chaque personne en face de ses responsabilités (politiques, lobbyistes, et même le spectateur), et qui provoque un sentiment de gâchis et de tristesse. 

Il est très bien fait, je vous invite à le regarder. Même s’il peut provoquer à travers sa métaphore, de l’éco-anxiété. 

Au sein de l’équipe GreenMa, on est souvent amené à parler de sujets liés à l’environnement car c’est au cœur des valeurs de l’entreprise.

L’éco-anxiété, est un sujet récent, dont j’ai découvert le mot il y a peu, et qui commence à prendre de plus en plus de place dans notre société. Eco-anxiété ou solastalgie, veulent finalement dire quasiment la même chose. Connaissiez-vous ces mots ? Avant d’écrire cet article je n’avais jamais vu, ni entendu, parler de ces termes. Ce stage me fait apprendre pleins de mots, c’est cool !

Voici un article pour tout vous expliquer.

L’éco-anxiété ou solastalgie c’est quoi ?

La solastalgie ? C’est un néologisme issu du philosophe spécialiste de l’environnement, Glenn Albrecht. Il a inventé ce terme en 2003. Ce mot vient en effet de « solace » qui veut dire « réconfort » et « algie » qui signifie  « douleur ». Ainsi, solastalgie peut être traduit par la douleur causée par la perte de notre réconfort. C’est une forme de souffrance et de détresse psychique ou existentielle causée par exemple par les changements environnementaux passés, actuels ou attendus. En particulier concernant le réchauffement climatique et la biodiversité. Cela englobe aussi les domaines de la santé, de l’économie et des modes de vie. Ces derniers, vont sûrement être impactés par ces changements.

On peut distinguer la solastalgie liée à un deuil de ce qui est déjà perdu et l’éco-anxiété à ce qui peut arriver.

“La solastalgie, c’est un mal du pays sans exil”

Baptiste Morizot

L'éco-anxiété : Une pathologie à prendre au sérieux ?

La solastalgie peut aujourd’hui être considérée comme une pathologie. Elle n’est cependant pas reconnue officiellement par l’OMS. Générant ainsi, des insomnies, de la tristesse ou encore des états dépressifs chroniques qui peuvent nécessiter, parfois, un suivi psychologique. 

Il existe des psychanalystes et psychothérapeutes spécialisés en éco-anxiété. Bien que ces derniers soient encore très rares. Selon la Fédération française de psychothérapie et psychanalyse, il y a un certain nombre de jeunes qui décident de consulter pour d’autres problèmes que l’éco-anxiété. Mais au final en creusant dans leurs maux, les psychothérapeutes découvrent que leur mal-être vient de la solastalgie. Il arrive d’ailleurs que certains psy non sensibilisés sur le sujet, diagnostiquent mal leurs patients.

L’éco-anxiété touche de façon importante les classes sociales supérieures et éduquées. Ils sont conscients des changements qu’ils devront effectuer dans leurs pratiques de consommation. Mais cela touche davantage les militants écologistes, les jeunes et même les enfants qui dans certains cas développent des troubles obsessionnels compulsifs. Et c’est finalement totalement logique, car ce sont ces enfants qui seront adultes lorsque les prévisions du GIEC vont se réaliser. Ils en prennent conscience petit à petit. 

Je connais des personnes (et c’est mon cas également) qui ne souhaitent pas avoir d’enfants plus tard, à cause de cela. Je n’ai pas envie de leur laisser un monde dans l’état dans lequel il est, voire pire. En grande partie pour les aspects environnementaux. Mais aussi à cause de ce que ça engendre comme les cataclysmes, les inondations, les feux de forêts, zones de sécheresse aigüe.  Mais aussi, la montée des eaux, les virus qui vont potentiellement être lâchés dans l’air à cause de la fonte du permafrost, et bien d’autres phénomènes auxquels on ne s’attend même pas. C’est assez difficile de se construire soi-même dans la peur d’un monde instable.

Comment l’éco-anxiété peut être perçue par l’entourage

Il y a aussi cette crainte d’être vu par les autres comme quelqu’un de pessimiste, de catastrophiste ou encore d’écolo extrémiste. Je ne vais pas vous mentir, je ne pense pas être éco-anxieux, bien que ce sujet me peine fortement. Mais quand j’en parle autour de moi, j’ai de temps en temps « peur » de passer pour quelqu’un de trop négatif ou d’extrémiste. Bien qu’il n’y a pas de honte à faire attention à l’environnement, au contraire. J’aime cette citation d’Alice Desbiolles qui en dit long : Toutes proportions gardées, l’éco-anxiété, qui découle d’une analyse lucide de l’état du monde, est engendrée par un certain dysfonctionnement de la société. Les personnes éco-anxieuses sont, in fine, les personnes rationnelles et lucides dans un monde qui ne l’est pas.”  Je vous invite à lire son livre « L’éco-anxiété«  duquel est extrait cette citation, si vous désirez approfondir le sujet. 

Honnêtement, je pense qu’il y a un certain nombre de personnes au courant des problèmes environnementaux et qui n’agissent pas. Cela leur coûterait trop de réduire leur train de vie et leur confort. Ils ne voient pas d’alternatives possibles à certaines pratiques de consommation. 

Alors attention, moi le premier, je ne suis pas parfait dans ma consommation et je me rends bien compte que le confort est quand même très agréable. Mais je ne vous apprends rien en vous disant que si chacun faisait quelques efforts, plutôt que quelques personnes qui essayent d’en faire beaucoup, on pourrait faire bien mieux.

La collapsologie : La théorie de l’effondrement

Certaines personnes anxieuses à cause des problèmes environnementaux portent également de l’intérêt pour la collapsologie. Ce mot vient de l’anglais « to collapse » qui signifie « s’effondrer ». C’est donc une théorie de l’effondrement global de nos civilisations. Elle est considérée comme inévitable dans un délai plus ou moins long. Cette théorie prend aussi en compte les alternatives potentielles qui pourraient succéder à cet effondrement. Encore une lecture joyeuse et pleine d’espoir 🙂

Il est important de préciser que cette théorie ne se base pas seulement sur des faits scientifiques mais également sur des présupposés.

L’être humain est sur la Terre depuis des milliers d’années, ce qui nous paraît immense. Pourtant la présence des humains ne correspond qu’à 0,01% de la vie de la Terre. De plus, les scientifiques considèrent que nous sommes en train d’assister à la 6ème extinction de masse. Entre 1970 et 2016, deux tiers de la faune sauvage aurait disparu. De mon point de vue, nos problèmes climatiques et environnementaux dégradent la Terre, certes. Mais ce n’est pas la planète Terre qui va périr c’est seulement ses habitants. Nous. 

La Terre était là, bien longtemps avant nous, bien longtemps avant les dinosaures. Ce que nous sommes en train de faire endurer à la nature, va simplement et seulement nous retomber dessus. Nous sommes non seulement en train de détruire notre habitat naturel. Mais nous sommes surtout en train de détruire nos ressources et nos productions agricoles nécessaires pour répondre aux besoins des générations futures. Nous sommes donc en train de nous exterminer tous seuls.

Quand nous aurons détruit tout ça, et qu’il n’y aura plus d’habitants. La Terre se réadaptera, comme elle l’a toujours fait.

Comment se positionner et continuer d’être heureux dans ce contexte ?

L’éco-anxiété ou collapsologie, des émotions à gérer

De façon concrète, la solastalgie se traduit par un sentiment de détresse, d’angoisse, de tristesse ou parfois de colère. L’éco-anxiété est clairement un sentiment de prise de conscience personnelle, on se sent seul face à cette situation. Seul et impuissant, surtout lorsqu’on ressent que les autres ne sont pas toujours réceptifs à ce sujet. De plus, cette éco-anxiété est stimulée par de mauvaises nouvelles successives, ce qui favorise le sentiment d’angoisse. Ainsi, l’éco-anxiété devrait de plus en plus se répandre, à tendance que les dérèglements climatiques s’accentuent.

Un homme inspirant :

Clément Montfort est un réalisateur de documentaires français. Il a créé une websérie documentaire disponible sur YouTube. On y retrouve des  interviews de spécialistes issus de différents domaines et y aborde justement, le sujet de la collapsologie. 

Voici son dernier documentaire : 

Des solutions contre l'éco-anxiété ?

Quand on parle d’éco-anxiété ou de collapsologie on parle souvent d’un cheminement que l’on pourrait comparer à un deuil.

Il est composé du déni, la colère, la tristesse et enfin l’acceptation. Pour Pablo Servigne, un collapsologue, l’acceptation de la situation et de l’effondrement à venir serait la clé pour rebondir. Il met en garde cependant, sur le fait que ce n’est pas une acceptation de la destruction mais une acceptation des émotions pour faire face à la situation et agir. En collapsologie il ne faut pas simplement imaginer les scénarios des films catastrophes comme issue, qui tendent à ce que l’on se morfonde sur notre sort. Un effondrement n’est pas forcément une destruction totale, elle peut être partielle et engendrer une renaissance. Il faut réadapter sa pensée et son récit pour rester positif. Bien sûr, des changements dans nos modes de vies sont à prévoir, mais l’être humain sait s’adapter, ce n’est plus à démontrer.

Article Éco-anxiété : Méditation

1. Calmer ses pensées via la méditation et l’écopsychologie :

Inventé par Theodore Roszak, l’écopsychologie est une notion mêlant la psychologie et l’écologie.

Selon le sociologue Michel Maxime Egger, avant de soigner la planète il faut soigner l’esprit. Ainsi, l’écopsychologie va à la source des problèmes écologiques en explorant les liens complexes entre le psyché humain et la nature. Cela permet de sortir du déni et de l’impuissance. Cela permet aussi d’examiner la dépendance de l’humain envers son habitat naturel, non étranger aux formes d’addiction de certaines pratiques de consommation, bien ancrées chez certains. Notamment dans un monde occidental où tout est accessible facilement et rapidement.

Elle peut être utilisée autant à titre privé que dans les entreprises. Je pense notamment à celles portées sur le RSE (responsabilité sociétale des entreprises). L’écopsychologie permet d’adopter un autre regard et de calmer ses pensées en voyant d’autres aspects plausibles. Je vous invite, si cela vous intéresse, à lire des livres sur le sujet ou bien d’effectuer une écothérapie, qui permet de se reconnecter à la nature.

2. S'instruire :

De façon plus générale, pour calmer ses pensées, vous pouvez commencer par vous documenter sur ces sujets.

Notamment à travers des documentaires, des podcasts, des vidéos YouTube, des articles ou encore des livres. Une de mes lectures préférées est celui de Yuval Noah Harari qui s’appelle : 21 leçons pour le XXIè siècle. C’est un livre relatant les défis que l’on a rencontrés et que l’on va rencontrer durant ce siècle. Il expose donc des problèmes environnementaux, mais pas seulement. Les aspects politiques, historiques ou encore technologiques y sont aussi discutés. C’est un livre très intéressant car il aborde ces aspects sous différents angles.

3. Agir à son échelle :

Nous pouvons également réfléchir à comment agir à notre échelle. Comment agir de la façon qui nous convient le mieux. Personne n’est parfait mais il y a pourtant beaucoup de choses que l’on peut faire pour agir. Je pense notamment au changement de certaines pratiques de consommation. Par exemple, consommer de façon moins intensive, en favorisant les circuits courts, boycotter certaines marques etc. Choisissons ce qui est le plus adapté pour nous, c’est une question de balance on ne va pas changer du tout au tout. Moi le premier j’essaye de faire des efforts mais il y a pleins de choses que je ne fais pas. Je consomme par exemple trop de plastique quand je fais les courses.

Laissons-nous guider par notre curiosité afin d’identifier quelle pratique modifier ou adopter pour que l’on puisse se sentir plus impliqué et donc moins stressé à ce sujet. Attention cependant à agir de façon à ce que l’on se sente bien, pour que cela ne devienne pas une corvée et qu’on reste motivé en limitant l’anxiété liée à la crise climatique.

4. Communiquer :

En parler autour de nous. Je pense qu’il est primordial de communiquer et de parler des problèmes environnementaux autour de soi, à sa famille, ses amis et ses proches.

Dans un premier temps, cela fait du bien, ça permet de se sentir moins seul face à ce problème qui concerne tout le monde. Et ensuite, en parler va permettre de sensibiliser plus de personnes. En essayant d’en parler autrement, en fonction de chacun. Chaque personne chemine à son rythme mais pour cela il faut trouver les bons mots pour leur montrer l’importance de ce sujet. Il faut également les rassurer, ce n’est pas parce qu’on agit ou qu’on est en faveur du climat que l’on devient des militants écolo extrémiste.

Nous pouvons aussi en parler à travers des plateformes, ouvrir un compte Instagram pour essayer de toucher plus de personnes, devenir bénévole dans une association pour écrire des articles et parler de sujets liés à l’environnement. Plus il y a de personnes qui portent de l’intérêt à ce sujet, plus cela sera facile à l’avenir de peser auprès du gouvernement, des entreprises et des lobbys pour agir plus efficacement. Mais cela doit commencer chez chacun d’entre nous.

Cécile de GreenMa a eu envie de créer cette entreprise car à travers son métier, elle agit de façon la plus écologique possible pour effectuer son activité. Et bien d’autres entreprises ont franchi le cap. Si nous n’agissons pas pour l’environnement de façon professionnelle nous devrions le faire de façon personnelle avec nos moyens.

5. Intégrer une association :

Il y a énormément d’associations environnementales et le fait d’en faire partie, d’agir à son échelle permet de calmer son esprit et d’être en cohérence avec ses valeurs, ses pensées. Il y a par exemple les grosses ONG : Greenpeace, WWF. Et les associations de taille humaine : Agir pour l’environnement, Générations futures, Zéro Waste France, Planète Mer,  ou encore Les amis de la Terre

De cette façon, se sentir plus impliqué aiderait à calmer les problèmes d’anxiété liés au climat. Nous ne sommes pas seuls et impuissant face à ça. Et même si le sujet ne nous rend pas tous anxieux, je vous invite à agir et à en parler autour de vous.

Rester positif car nous sommes en vie et tout est possible !

De cette façon, se sentir plus impliqué aiderait à calmer les problèmes d’anxiété liés au climat. Nous ne sommes pas seuls et impuissant face à ça. Et même si le sujet ne nous rend pas tous anxieux, je vous invite à agir et à en parler autour de vous.

J’aimerais finir sur ces phrases issus du livre de Cyril Dion : Petit manuel de résistance contemporaine publié en 2018.

« Imaginez que l’essentiel des activités humaines ne soit pas dédiée à gagner de l’argent, augmenter le profit, doper la croissance, inverser la courbe du chômage, relancer la consommation des ménages, gagner des parts de marché, vendre, acheter, contenir la menace terroriste, […] se plonger dans des monceaux de divertissements destinés à nous faire oublier le peu de sens que nous trouvons à nos existences et notre peur panique de mourir… mais à comprendre ce que nous fabriquons sur cette planète, à exprimer nos talent, à faire grandir nos capacités physiques et mentales, à coopérer pour résoudre les immenses problèmes que notre espèce a créés, à devenir meilleurs, individuellement et collectivement. Que nous passions la majeure partie de notre temps à faire ce que nous aimons, à être utiles aux autres […]. Impossible, n’est-ce pas? Utopiste. Bisounours. Simpliste. Et pourtant. Tout ce que je viens de décrire existe déjà en germe […]. » 

Qu’en pensez-vous ? Partagez avec nous votre savoir et vos pensées.

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