Dans Cure pour la peau, La philosophie GreenMa, Secrets de fabrication

Prendre sa douche, faire la vaisselle, la lessive, nettoyer le sol ou simplement se laver les mains. Les savons font partie de notre quotidien.

Après avoir été détrônés par le gel douche dans les années 70 avec l’arrivée de la grande consommation, les savons solides font leur grand retour depuis quelques années et reviennent dans les foyers. En effet, beaucoup découvrent ou redécouvrent les bienfaits des savons solides, notamment grâce aux savons saponifiés à froid.

Nous vous révélerons dans cet article quelques secrets sur le savon solide qui redevient tendance et apprécié pour le bonheur de notre peau !

Des questions reviennent souvent concernant les savons :

  • Concernant la méthode de saponification : comment crée-t-on un savon solide ?

  • Sa composition : quels ingrédients sont utilisés ?

  • Quelles sont les différences entre les savons célèbres comme le savon de Marseille ou d’Alep par exemple ?


Histoire et légendes

Très largement utilisé autrefois, le savon solide a une histoire singulière. Ayant traversé les siècles, il n’est pas étonnant que l’on retrouve aussi de nos jours beaucoup de mythes et légendes à son sujet.

Le savon n’était pas utilisé seulement pour se laver !

Les premières évocations de la saponification remontent à l’Antiquité. C’est sur des tablettes d’argile de la civilisation sumérienne, datant d’environ 2500 av J.C que l’on y retrouve l’évocation la plus anciennement datée. Ces tablettes indiquent qu’ils utilisaient cette réaction pour laver la laine. Cependant, des traces plus anciennes de l’utilisation de savon auraient été retrouvées à partir de 2800 av J.C.

D’autres vestiges de cette civilisation abordent ce processus :

  • Une tablette datée de 2200 av J.C. faisant référence à des savons à usage thérapeutique composés de divers éléments médicinaux.
  • Et des cylindres en terre cuite dits “Cylindres de Gudea” (2125 av J.C.). C’est sur un de ces cylindres qu’à été décrypté cette fameuse phrase : “Ainsi, il me purifie avec l’eau, ainsi, il nettoie avec la potasse, ainsi se fait le mélange de l’huile pure et de la potasse…” où l’on retrouve le fameux processus de saponification.

En Egypte antique, c’est le papyrus Ebers (1550 av. J.-C.) qui nous indique que dans la culture Égyptienne, ce serait par un mélange de graisses et de sulfate de plomb ou de carbonate de sodium qu’était obtenu une substance réputée semblable au savon. Elle était utilisée à des fins pharmaceutiques, pour soigner les maladies de peau et dans la préparation de laine pour le tissage.

En même temps, dans la ville d’Alep, dans l’actuelle Syrie, un savon a vu le jour… le fameux savon d’Alep, (nous y reviendront plus en détails plus tard). Ce savon vieux de 3500 ans, souvent considéré comme le plus vieux savon du monde, est toujours fabriqué de nos jours.

Les Celtes et les Germains utilisaient de l’huile et des cendres de bouleau pour créer leur savon qui leur servait à entretenir et colorer leurs cheveux. Il se dit même que cette pratique était plus répandue chez les hommes que chez les femmes !

Les Romains, tirant leur savoir de saponification des Gaulois, l’auraient d’abord utilisé comme remède et après seulement pour se laver.

Avec ces quelques exemples, nous pouvons constater qu’à l’origine, le savon était, plus utilisé pour nettoyer des objets ou à des fins médicinales, que pour l’hygiène personnelle quotidienne.


Quelques anecdotes sur l’histoire du savon…

Autrefois, les romains auraient utilisé pour fabriquer leurs savons … attention âmes sensibles… de l’urine ! Pas très glamour hein ? Mais bon il faut se dire qu’à l’époque on faisait avec les moyens du bord. Il est intéressant de savoir que l’ammoniac contenu dans l’urine permettrait, mélangé à de la matière grasse, d’obtenir un savon blanc, aux vertus tout (a priori aussi!) intéressantes que pour les autres savons. (Nb: L’urine a été utilisée de bien d’autres manières pour l’hygiène pendant l’antiquité)

Cela seraient les croisades qui auraient permis à la recette du savon d’Alep de se répandre en Europe. Le savon d’Alep, serait donc à l’origine du savon solide tel qu’on le connaît aujourd’hui.


Comment fabrique t-on un savon solide ?

Composition et processus chimique

Qu’est-ce que la saponification ?

La saponification est un processus simple découvert, comme nous l’avons vu plus tôt, il y a presque 5000 ans et qui nous permet de créer du savon.

La saponification d’un point de vue chimique, s’explique ainsi : l’addition de triglycérides (corps gras) et les molécules d’hydroxyde de sodium (issues de la soude) se défont en ions, qui changent de partenaires pour former le savon et la glycérine.

En langage plus simple, la saponification se produit lorsque qu’un corps gras (huile végétal ou beurre par exemple) est combiné avec un agent alcalin (soude, cendre, potasse). Une fois que ces substances sont mélangées et réagissent les unes avec les autres, de la glycérine végétale se créée (ce qui donne les propriétés nourrissantes). Et on se retrouve avec du savon et de la glycérine naturellement créés.


Saponification à chaud et à froid

La saponification peut se faire de deux manières. N’ayant pas besoin de chaleur pour se produire elle peut se faire à froid, mais la chaleur accélérant le processus, elle peut également se faire à chaud. Ainsi on parle de saponification à froid ou de saponification à chaud.

Cependant, choisir la saponification à froid ou à chaud n’est pas sans conséquence sur l’environnement et sur la qualité du produit.


Tableau comparatif :

SAPONIFICATION A CHAUD
(ou industrielle)
SAPONIFICATION A FROID
(artisanale)
Mode de fabrication
– Savons fabriqués à chaud (120°)
pendant plusieurs heures
– Travail en excès de soude
(ou de potasse)
– Pas de temps de séchage
– Utilisation dès le lendemain
Mode de fabrication
– Savons fabriqués à froid
– Préservation des qualités
des huiles et des beurres
– 4 à 6 semaines de séchage


Impact environnemental
– Rejet et consommation d’eau
importante pour laver le surplus
de soude ou de potasse
– Consommation d’énergie
importante (création de chaleur)
– Présence récurrente
d’huile de palme car
elle réagit bien à la chaleur.
Impact environnemental
– Pas de Rejet : toute la soude
est saponifiée et toute
la glycérine végétale est
conservée.
– Faible consommation d’eau

Pour la peau
– En enlevant le surplus de soude,
la glycérine végétale part également
Pour la peau
– La saponification à froid
donne des savons très doux
pour la peau
– Parfait pour les peaux sensibles
Avantages
– Solide, biodégradable
– Peu onéreux
Avantages
– Solide, biodégradable
– Très nourrissant et
protecteur (6 à 11% de surgras)
Inconvénients
– Asséchant pour la peau
Inconvénients
– Plus long à produire

Chez GreenMa, tous nos savons sont produits de façon artisanale à la main en France et sont saponifiés à froid.

Nous avons choisi la méthode de saponification à froid pour être en phase avec nos valeurs et car c’est la méthode que nous trouvons la plus adaptée pour la peau et l’environnement. L’écologie fait partie de nos piliers, et il est important de montrer qu’un bon savon solide permet d’avoir une véritable protection pour la peau et un impact limité sur l’environnement.


Entrevue avec 3 savons célèbres…

1 – Le savon d’Alep

Son authentique saponification (à chaud) est faite avec de l’huile d’olive, de l’eau, de la soude végétale, et de l’huile de baie de laurier, rajoutée à la fin du processus qui lui procure du surgras.

Ses propriétés en font un savon réputé.

L’huile de laurier doit être rajoutée pendant le processus pour des savons d’Alep authentiques, c’est ce qui permet de lui donner ses propriétés nourrissantes.

Aussi, l’huile d’olive utilisé dans l’Alep ne serait pas issue d’une première pression à froid, mais du résultat d’un pressage extrait avec des solvants, c’est ce qui participe à la couleur verte du savon (car un pur olive est blanc/jaune)

2- Le savon de Marseille

Un des savons les plus connus, le savon de Marseille, descendant du savon d’Alep est fabriqué à chaud de façon industrielle ou artisanale.

Il est vert lorsqu’il est produit à base d’huile d’olive ou blanc lorsqu’il est produit à base d’huile d’arachide.

Traditionnellement, il contient 72% d’huiles (100% végétales) et est bien souvent considéré comme “naturel” car sans colorants et additifs de synthèse. Aussi, son format traditionnel est le cube de 600g.

Comme d’autres savons typiques, des multitudes de variantes existent, des plus éthiques (sans huile de palme) aux moins naturelles (avec des parfums ajoutés).

Sachons aussi qu’aucune appellation contrôlée n’encadre la dénomination de savon de Marseille, c’est ce qui explique aussi le fait que l’on en trouve de plus ou moins authentiques.

3- Le savon noir

Ce savon se présente sous différentes formes et s’utilise de manière distincte. Un savon liquide pour l’entretien ou un savon mou pour les soins du corps.

Souvent associé à la culture orientale, il s’utilise en effet beaucoup dans les hammams.

Souvent considéré comme un cosmétique “miracle”, le savon noir tire sa couleur si particulière de l’utilisation d’huile d’olive noire dans son processus de fabrication. Il  est dit qu’il permet de décaper la peau sans l’attaquer, et que ce produit doux et hydratant peut s’utiliser en gommage et en exfoliation.

…et 3 autres moins connus.

4 – Le savon de Castille

Puisant son origine des croisades, c’est le descendant espagnol du savon d’Alep.

Un savon de Castille authentique est composé à 100% d’huiles d’olive et ne contient aucun additif.

De nos jours, peu de ces savons sont produits de façon authentique, la plupart sont des variantes, réalisées avec plusieurs huiles différentes, on peut également retrouver dans certains des huiles essentielles, des parfums ainsi que des colorants.

5 – Le savon Azul e Branco

Ce savon typique du Portugal, à la réputation d’être composé de graisse saponifiée, d’eau et de silicate, est comparable au savon de Marseille. Produit à faible coût, bleu ou rose, il est traditionnellement utilisé dans le lavage de tapis, de sols, et de vêtement.

Réputé localement pour permettre d’éviter les réactions dermatologiques des personnes aux peaux sensibles, il est aussi connu pour prévenir la perte de cheveux car son alcalinité améliorerait l’état des cheveux.

6 –Le savon au lait

Les savons au lait sont issus de recettes plus récentes. Associés à une fabrication artisanale voir maison, ils sont le plus souvent au lait d’ânesse ou de chèvre, même si on peut encore une fois retrouver des variantes, au lait de jument, de vache, etc.

Selon les recettes, le lait, mélangé aux différentes huiles et à la soude, apporte ses propriétés au savon. Il est réputé pour laisser la peau proche de son PH naturel.

Selon les recettes, le lait, mélangé aux différentes huiles et à la soude, apporte ses propriétés au savon. Il est réputé pour laisser la peau proche de son PH naturel.


Les 6 points de vigilance   

1. Les Huiles essentielles

Un savon peut contenir des huiles essentielles. Il est donc nécessaire de savoir que dans le cadre d’une grossesse, il sera important d’éviter les huiles essentielles, et ce, surtout pendant les trois premiers mois. A éviter également pour les enfants de moins de 3 ans.

Chez GreenMa, nous avons 3 savons avec huiles essentielles et 3 sans huile essentielles, afin de vous proposer une gamme complète. Toutes nos huiles essentielles sont biologiques.

2. Le % de Surgras (point essentiel)

L’absence de surgras sur un savon solide peut en décourager plus d’un, car les savons sans surgras assèchent la peau, et laissent une sensation désagréable provoquant des petits tiraillements de peau.

C’est la glycérine végétale contenue dans le savon et les huiles ajoutées qui créent le surgras. Il est d’ailleurs conseillé aux peaux sensibles d’utiliser des savons surgras naturels.

Aussi, la saponification à chaud empêche la présence de surgras dans un savon car la glycérine est lavée suite à un excès de soude. Ce phénomène peut expliquer le fait que beaucoup n’aiment pas les savons solides, ayant parfois essayé des savons asséchants, et ne connaissant pas le principe du surgras.

D’où l’importance de choisir un savon saponifiés à froid si vous souhaitez conserver le côté protecteur et surgras !

Chez GreenMa tous nos savons ont 8% de surgras, car comme vous, on préfère se sentir bien hydraté après une douche, un bain ou un simple lavage de main !

3. La graisse animale

Certains savons bas de gamme contiennent encore des graisses animales (souvent issu de bovins ou de porc) car elles sont moins coûteuses que les huiles végétales.

Cependant, on sait maintenant que les savons produits avec des huiles végétales ont plus de vertus pour la peau que les savons avec de la graisse animale.

Se repérer sur les étiquettes – Le point INCI* : La graisse animale se repère sous le nom de tallowate de sodium

4. L’huile de palme

L’huile de palme est couramment utilisée en milieu industriel car elle résiste très bien à la chaleur et encore une fois en raison de son faible coût.

Vous la retrouverez de façon quasi systématique dans les cosmétiques. Et les savons solides – même bio – n’y échappent pas. L’exploitation de cette huile végétale, pratique et bon marché n’est cependant pas sans conséquences. Adulée par beaucoup d’industriels, son utilisation dans de multiples produits entraîne pourtant une catastrophe écologique et environnementale de taille. Déforestation, destruction de la biodiversité notamment des orang-outans, appauvrissement des sols, pollution des cours d’eau…

Se repérer sur les étiquettes – Le point INCI* : les appellations connues suivantes indiquent la présence d’huile de palme : sodium palmate, sodium palm kernelate, palmitate d’Isopropyl, sodium lauryl sulfate… De manière plus globale, pour éviter l’huile de palme il faut rechercher les suffixes : Palm-, Capryl-, Lauryl-, Myrist-,Cetear-, Dodec-, Stear-.

5. Les sulfates

Les SLS et SLES, sont des détergents et tensioactifs, trop souvent présents dans les savons du commerce. Ils sont la plupart du temps issus de l’huile de palme.

Se repérer sur les étiquettes – Le point INCI* : On les retrouve sous les noms suivants Sodium lauryl sulfate, Sodium laureth sulfate, Ammonium lauryl sulfate, Sodium lauryl sulfoacetate, Sodium myreth sulfate...

6. Les huiles minérales

Le terme peut porter à confusion mais il s’agit d’huiles issues de certains combustibles fossiles donc de dérivés du pétrole ! Pas terrible pour notre peau ni pour l’environnement, à la fois en terme d’extraction et de rejet dans l’eau.

Les huiles minérales sont utilisées de façon très courante dans l’industrie cosmétique et beaucoup de savons industriels ou gels douche en contiennent, en raison de leur faible coût (encore).

Elles ne sont pas dangereuses en soi mais n’apportent aucun bénéfice ou élément nutritif pour la peau. Elles laissent simplement l’impression d’une peau soyeuse mais les huiles minérales ne sont pas absorbées par la peau. En réalité, elles créent un film occlusif sur la peau qui va limiter ses pertes naturelles en eau et la garder artificiellement hydratée. On parle aussi de point noirs qui sont favorisés par les huiles minérales en raison de ce film qui bouche les pores.

Se repérer sur les étiquettes – Le point INCI* :On les retrouve sous une multitude d’appellations comme par exemple : Mineral oil, Paraffinum Liquidum, Petrolatum, Paraffin, Synthetic wax, Hydrogenated polyisobutene, Silicone quaternium…

Nos savons

Savon Karité Amande Douce et Dream exfoliant

Tous nos savons, sont enrichis en huiles vierges végétale ou en beurre de karité bio pour créer un surgras. Ces huiles, (toutes bio) peuvent être de tournesol, de coco, ou encore de ricin, elles nous permettent d’obtenir nos fameux savons avec 8% de surgras. Et c’est ce surgras, qui donne cet aspect si agréable et nourrissant pour la peau.

Aussi, dans nos savons Magic Relax et Detox, nous ajoutons des huiles essentielles bio, pour leurs vertus stimulantes et leurs odeurs réconfortantes.

Au final pour nous, un savon solide nourrissant et écologique c’est :

Un savon saponifié à froid, avec du surgras, uniquement des huiles végétales,  de la soude ou de la potasse et éventuellement des huiles essentielles bio pour le parfum naturel. Mais aussi un savon sans graisse animale, sans huile de palme ( et sans SLS et SLES …), sans huile minérale, sans conservateur, et sans parfum synthétique.

Acheter bio ne certifie pas qu’un savon est écologique, pour cela il est nécessaire de se référer à la liste des ingrédients du produit pour éviter l’indésirable. C’est donc en connaissant le processus de fabrication (Saponification à chaud ou à froid ?) et les ingrédients (Huiles végétales, minérales ou graisse animale ? Parfums synthétiques ?… ) de son savon que l’on peut être sûr qu’il est sain, nourrissant et écologique.

*INCI est la nomenclature internationale des ingrédients cosmétiques.

Qu’en pensez-vous ? Quel savon avez-vous adopté  ? Qu’est-ce qu’un savon à faible impact écologique pour vous ?

Discutons-en en commentaires ! 🙂

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