dans Héroïne Green

Je cherchais quelqu’un pour vous parler de permaculture. C’est Céline notre premier héroïne green du Zero Déchet puis plusieurs personnes sur Instagram qui m’ont parlé de Laurence de @froufrouetcapucine. Je l’ai tout de suite contactée et je la remercie encore de témoigner aujourd’hui pour partager son expérience de la permaculture. Petite fille d’agriculteurs, Laurence s’est lancée dans la permaculture il y a 4 ans après avoir vu le Film Demain. Un véritable déclic qui lui a fait changer sa façon de vivre. La permaculture est aussi une philosophie de vie.

Itinéraire d’une amoureuse inconditionnelle de la nature qui l’admire et la respecte.

LAURENCE HÉROÏNE GREEN #15

Sa citation : « Si l’on m’apprenait que la fin du monde est pour demain, je planterais quand même un pommier » Martin Luther

Je m’appelle Laurence, j’ai 47 ans et j’habite près du Havre en Normandie, avec mon mari et mes 4 enfants. Après avoir été institutrice pendant 20 ans, j’ai monté ma petite entreprise de créations textiles, Froufrou et capucine et en parallèle, je me suis prise de passion pour la teinture de laine, avec notamment des végétaux … en fait, la nature me fascine, les couleurs, les odeurs, les saveurs, la force qu’elle dégage, la fragilité aussi, je peux rester des heures à contempler une tempête, un papillon, observer une mésange, tout ceci m’apaise et m’inspire !

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Syrphe et cosmos … semer des fleurs attire les insectes pollinisateurs

Mon cheminement vers un art de vivre green et la permaculture

Mes grands parents et mes oncles et tantes étant agriculteurs, j’ai passé une bonne partie de mon enfance à la campagne, des vacances joyeuses les pieds dans les bottes, entre moisson, traite des vaches et cabanes dans la paille avec mes cousines. Mon grand père était l’un des derniers paysans à labourer avec des chevaux, je n’ai pas souvenir qu’il ait vu l’arrivée du tracteur comme un grand progrès, je crois qu’il aimait ce travail très physique mais plus respectueux de la terre, il faisait vivre sa grande famille dans la simplicité mais avec beaucoup d’amour !

L’agriculture a considérablement changé en quelques décennies, avec l’arrivée des engrais et des pesticides, ces soit disant produits miracles qui ont effectivement fait exploser la production et les rendements, au détriment bien réel de la terre, de ceux qui vivent dedans et dessus, au détriment de l’homme aussi, celui qui la travaille et ceux qui s’en nourrissent, c’est à dire nous tous ! L’agriculture intensive appauvrit les sols et nous rend malade, c’est une évidence, il suffit de regarder nos campagnes bien tristes, ces champs à perte de vue où seuls les épis de blé peinent à pousser, dopés par des poisons !

J’ai vécu dix ans face à un champ, j’ai vu comment la terre était maltraitée, labourée par des engins toujours plus gros (et chers), j’ai vu ce champ de pommes de terre aspergé chaque semaine par ces produits nauséabonds, ce champ de blé où le moindre coquelicot était asphyxié, cette course au rendement pour pouvoir renflouer les dettes de ces agriculteurs aveuglés …

Et puis un jour, j’ai découvert la permaculture, au travers du film « Demain » réalisé par Cyril Dion et Mélanie Laurent.

Ils avaient rencontré Perrine et Charles Hervé-Gruyer, fondateurs de la Ferme du Bec Hellouin*, nous étions presque voisins et pourtant je n’en avais jamais entendu parler !

Une autre forme d’agriculture était donc viable et rentable, sans chimie ni pétrole, je retrouvais la saveur de mon enfance ! J’ai donc emmené toute ma famille pour visiter ce lieu et c’est Charles lui même (petite anecdote, mon grand père s’appelait Charles) qui nous a fait découvrir ce petit paradis …

Ferme du Bec Hellouin (Normandie), https://www.fermedubec.com

Une vraie révélation pour moi, enrichie par la lecture de leur livre « Permaculture, guérir la terre, nourrir les hommes », j’ai compris qu’il fallait que je change ma façon de vivre, que je ne pouvais plus courir après le temps, après l’argent, au détriment de ceux que j’aime et de moi même !

Car la permaculture ne se réduit pas à une pratique agricole, c’est surtout une philosophie de vie, un respect de la terre, de l’individu, une éthique qui tend vers une vie plus autonome et résiliente, moins dépendante de nos systèmes industriels très destructeurs pour notre environnement ! Si le sujet vous intéresse, n’hésitez pas à lire des ouvrages de Bill Mollison ou David Holmgren, « pères » de la permaculture.

J’avais déjà eu l’occasion de faire pousser des légumes, sur le balcon de mes parents, dans les plates bandes de mes petits écoliers, entre les fleurs de notre premier jardin, mais jamais je n’avais réalisé à quel point la nature est un formidable exemple qu’il faut suivre … il suffit d’observer un sous bois pour comprendre que la terre recouverte de feuilles mortes grouille de vie et tous ces petits insectes, vers et champignons permettent aux arbres de grandir, chacun apporte à l’autre, chacun a besoin de l’autre et ces échanges donnent un bel équilibre vivant !

Notre premier potager en 2012, déjà sans produit chimique

Comment je me suis lancée dans la permaculture 

Il y a 4 ans, en revenant vivre en ville, nous avons investi tous les coins de notre petit jardin pour y installer du vivant, dont un espace très pentu que nous avons travaillé en terrasses pour le transformer en potager.

Nous avons aussi accueilli des canards coureurs indiens (fans de limaces) et des poules naines car les animaux ont toute leur place dans cet écosystème … ils se nourrissent de déchets verts, d’insectes etc et nous apportent du fumier pour le compost et de bons œufs pour les gâteaux !

Dans la permaculture, tout a une interaction, par exemple les légumes poussent et nous nourrissent et leurs déchets enrichissent la terre grâce au paillis ou au compost.

Ce que cela m’a appris

L’observation de ce nouveau coin de jardin m’a fait comprendre plusieurs choses :

  • Dès que l’on prend soin de la terre, qu’on la nourrit, qu’on la respecte, la vie s’installe à nouveau.
  • La diversité végétale appelle la diversité animale, insectes et oiseaux ont réinvesti les lieux, apportant eux aussi leur richesse, l’un a besoin de l’autre et inversement !
  • La terre nous nourrit, physiquement et sainement, et moralement aussi … jardiner et regarder pousser les plantes est digne d’une séance de yoga.
  • Vivre au rythme des saisons nous permet de ralentir notre propre rythme quotidien, un peu fou il faut bien l’avouer, réapprendre la patience aussi, des instants précieux que l’on peut partager avec nos enfants très facilement grâce au potager !
  • La présence d’animaux, apprivoisés ou sauvages, nous pousse à l’observation et au respect.
  • Une surface, même petite, peut nourrir en partie une famille (voir le potager urbain de Joseph Chauffrey).
  • L’abondance des récoltes invite au partage avec ses voisins, le potager devient source d’échanges nourriciers et sociaux !

Pirouette, notre petit caneton né à la maison

Ce qu’il faut savoir 

Appliquer la permaculture chez soi n’a rien de bien compliqué, même quand on a juste un balcon, il faut surtout retenir que la terre doit être nourrie, donc pas de terre laissée à nu, il faut mettre un paillis (paille, déchets verts, feuilles mortes …), qui, en se décomposant grâce aux insectes, vers de terre, champignons, apportera tout ce dont les végétaux ont besoin pour pousser. Cette terre ne doit pas être trop travaillée, inutile de la labourer, limitez les piétinements et les interventions, la vie souterraine s’en chargera !

Pensez aussi à varier les cultures, à les mélanger entre elles, certaines plantes sont solidaires, comme la carotte qui protège le poireau de la teigne, le fenouil qui éloigne les limaces des salades …
Invitez les insectes en semant des fleurs, nombreux sont ceux qui assurent la pollinisation, ils sont indispensables et précieux !

Placez plusieurs points d’eau afin d’accueillir aussi des grenouilles ou crapauds et permettre aux oiseaux et insectes de s’hydrater … plus vous aurez ces animaux dans votre jardin et moins vos plantes seront attaquées, avec le temps, un équilibre s’installe naturellement.

Laissez un coin sauvage, acceptez les adventices, ces mauvaises herbes pourtant pleines d’avantages, même dans votre assiette !

Et surtout prenez votre temps, observez, soyez patient, savourez vos premiers légumes, soyez fier de vos résultats et apprenez de vos échecs, restez humble devant la nature, nous avons tellement à apprendre
d’elle !

Laurence – Froufrou et capucine Instagram : @froufrouetcapucine

Dernière chose importante:

Avez vous signé l’Appel aux coquelicots pour dire STOP aux pesticides ?

https://nousvoulonsdescoquelicots.org/

Merci Laurence :)))

Et vous avez vous déjà testé la permaculture ? Quel est votre rapport à la nature ?

 

Commentaires
  • Claire
    Répondre

    Ohlala choupi Pirouette !! Ton texte me parle énormément, le soin de la terre, la patience et le temps des saisons, l’humilité et l’apprentissage… Bref j’ai beaucoup aimé te lire et je te souhaite un joli chemin. Ce week-end on plante 5 fruitiers sur notre terrain (et plein de cassis ^^), j’aurai une pensée pour ton récit et ta citation.

  • Laurence
    Répondre

    Merci beaucoup Claire, ton enthousiasme fait chaud au coeur, nous avons besoin de nous serrer les coudes car l’avenir n’est pas rassurant mais il faut y croire, nos petits pas sont importants

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