dans Héroïne Green

Comment protéger la nature ? Chacun selon ses moyens et ses possibilités ?

C’est ce que va essayer de vous montrer Manon. Manon alias @melleapothicaire est écologue et a fait de sa passion pour la nature son métier. Elle protège la nature au quotidien et vous livre les clés pour agir.

MANON HÉROÏNE GREEN #21

Depuis bientôt 10 ans, j’ai choisi de faire de ma vie un combat quotidien pour la planète. Grande passionnée de nature et de faune sauvage, c’est au travers de mes nombreuses randonnées en montagne que j’ai petit à petit appris à la connaître.

La nature, et plus particulièrement la montagne est une histoire de famille. Observer, ressentir, et s’émerveiller devant une Gentiane sauvage, un Chamois, un Aigle royal, m’emmitoufler dans mon manteau pour partir en raquette braver un océan de neige, apprendre à nommer tous les sommets de la chaîne du Mont-Blanc… Plus qu’un simple loisir, l’immersion en pleine nature est devenue pour moi un besoin, une nécessité vitale…

Aujourd’hui, ce besoin s’est transformé en métier. Écologue, ou plus exactement Chiroptérologue depuis 3 ans (Chiro… Quoi ????) , j’agis au quotidien pour défendre cette nature que je chéris tant. Et c’est muni de ma lampe frontale qu’à la belle saison, j’arpente la douceur nocturne de la campagne à la recherche des chauves-souris… (Haaa oui d’accord… Mais, t’es payée pour ça ???).

Ma citation favorite ? Celle écrite par Saint-Bernard de Clairvaux :

«Tu trouveras bien plus dans les forêts que dans les livres. Les arbres et les pierres t’enseigneront ce que tu ne peux apprendre des maîtres.»

Se « reconnecter » à notre environnement, une nécessité

La vie trépidante des grandes villes nous a conduits à nous « déconnecter » presque totalement de notre environnement. Comment pouvons-nous prendre soin de la Terre en vivant dans du béton, enfermés entre quatre murs sans un arbre ni un oiseau à l’horizon ?

Pierre Rabhi l’a parfaitement souligné :

«De la maternelle à l’université, on est enfermé (on appelle cela le « bahut »), puis tout le monde travaille et vit dans des « boîtes » plus ou moins petites ; pour s’amuser, on va en boîte et on y va dans sa « caisse » ; enfin, on rentre dans une boîte à vieux et on finit sa vie… Dans une boîte.»

Se reconnecter à la Terre est aujourd’hui devenu une nécessité pour l’être humain. Et il existe pour cela une multitude de petites astuces simples que nous pouvons intégrer dans notre vie de tous les jours :

  • Observer les oiseaux depuis sa fenêtre et essayer de les reconnaître
  • Se promener en forêt et se concentrer sur ses sensations : le bruit des feuilles, la course d’un écureuil, l’odeur de l’humus, la douceur de la mousse
  • Jardiner sur son balcon et faire ses premières récoltes (Quelle grande satisfaction, même pour une seule petite fraise !)
  • Partir camper en pleine nature et observer les étoiles
  • S’initier aux plantes sauvages comestibles et médicinales qui poussent autour de chez soi
  • Faire un herbier
  • Aménager son jardin pour y accueillir la biodiversité en fabriquant un gîte à hérisson, un hôtel à insectes, des nichoirs à chauves-souris, des mangeoires à écureuils et à mésanges (et c’est très ludique avec les enfants !)

Nous avons tous une façon bien à nous de nous reconnecter au monde sauvage. Et vous, quelle est la vôtre ?

Pour ma part, mon habitude, que dis-je, mon échappatoire, c’est de chausser mes grosses Meidl, m’armer de mes bâtons et de mon sac à dos (avec mon kit de survie écolo et zéro déchet !) pour partir me perdre au fin fond de la montagne. J’ai la chance de pouvoir profiter du massif des Baronnies situé à quelques kilomètres de chez moi où j’y trouve de nombreux terrains de vadrouille, entre grimpettes, pauses photos, cueillettes et observations de la faune sauvage. Mon plus grand bonheur se trouve dans la redécouverte de petites choses simples : contempler un magnifique paysage et le vol des vautours accompagnée de quelques amis ou de l’homme qui partage ma vie.

Agir pour la nature à son échelle, avec nos moyens et nos possibilités

Tout le monde peut agir pour la planète. Les combats sont multiples, infinis même. Il est donc difficile d’être sur tous les fronts à la fois.

Cependant, il est tout de même possible de commencer à agir de façon individuelle en s’interrogeant sur les alternatives aux choses du quotidien. Des petits gestes multipliés par des millions… De petits ruisseaux faisant de grandes rivières, et qui sait un jour peut-être, un raz-de-marée de changements positifs.

À chacun son combat, à chacun l’énergie que l’on souhaite donner pour défendre telle ou telle cause.

Personnellement, ma profession m’amène à défendre ces valeurs tous les jours, lorsque je bataille avec les grands aménageurs pour éviter de détruire tel ou tel milieu naturel. J’essaye d’articuler ces valeurs qui m’animent également dans ma vie personnelle, par mes choix de consommation, la réduction de mes déchets, la manière de me soigner, de m’alimenter, etc. Je suis loin d’être une écolo parfaite, j’ai conscience d’avoir une très grande marge de progression. Mais mieux vaux de petites victoires que de grands échecs n’est-ce pas ?

Selon moi, pour protéger la Nature, il faut la connaître, et pour la connaître, il faut par-dessus tout l’aimer.

Alors, par quoi pouvons-nous commencer ?

Changer ses habitudes individuellement, c’est déjà une très grosse marche de franchie. Zéro déchet, minimalisme, alimentation bio, mode éthique… Et ensuite ?

Nous pouvons également agir à une échelle plus large, l’échelle collective. Voilà 7 ans maintenant que je suis profondément impliquée dans les associations locales de protection de la nature, et j’y ai découvert de magnifiques synergies de groupes engagés autour de mêmes objectifs, de mêmes valeurs. À plusieurs, il est possible d’aller plus loin, de construire des projets plus grands et plus impactant pour la planète.

Si vous aussi vous désirez aller plus loin dans votre démarche d’écolo citoyen et participer à des programmes de conservation de la nature sur votre territoire, voici mes quelques conseils :

Prenez contact avec les associations de protection de l’environnement, adhérez-y et devenez bénévoles. Vous y rencontrerez de nombreuses personnes de votre département ou de votre ville impliquées dans la même démarche que vous. Les associations sont toujours ravies d’accueillir de nouvelles personnes motivées et dynamiques pour mener des projets collectifs ;

  • Participez à des programmes scientifiques de science citoyenne, et contribuez à améliorer la connaissance de la biodiversité autour de chez vous. Parmi quelques exemples, il existe le programme Sauvage de ma rueUn dragon dans mon jardin !  ou encore Vigie-Nature  (Retrouvez toute la liste des programmes de sciences participatives ici ) ;
  • Si vous avez une petite propriété, devenez Refuge pour la biodiversité. Il suffit de signer un partenariat avec la LPO qui vous donnera ensuite de multiples conseils pour aménager votre terrain en faveur de la biodiversité  ;
  • Participez à des sorties de découverte nature, et apprenez à reconnaître la faune et la flore sauvage de votre région avec l’accompagnement d’un naturaliste expérimenté ;
  • Et pour ceux qui se sentent un peu plus aguerris, lancez un mouvement de guérilla gardening dans votre quartier en disséminant des bombes à graines dans les moindres recoins de terre de votre ville (attention, ce conseil-là, c’est pour les sportifs et les doux révolutionnaires).

Manon – @melleapothicaire

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Et vous, quel est votre combat pour la planète ?

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