dans Héroïne Green

Julia est ma professeur de Kundalini Yoga. C’est une femme lumineuse, solaire qui diffuse une bienveillance apaisante. Elle est un peu comme un sage au milieu de la ville. Je voulais absolument qu’elle partage ici sa vision, son témoignage car le Yoga a été pour elle un moyen très puissant de se reconnecter à la nature. Un chemin possible à la portée de tous. Comprenez le lien entre Yoga et Nature avec Julia qui vous livre à la fin de cet interview un exercice de méditation.

Se reconnecter à soi-même pour se reconnecter à la Nature

Julia HÉROÏNE GREEN #17

Qui es tu ? Que fais tu dans la vie ?

Je m’appelle Julia et mon nom spirituel est Pritam Chandra (pritam : l’amour universel / Chandra : la lune dans ses qualités féminines sacrées de bienveillance et radiance). Je travaille « accidentellement » dans le web : je suis ingénieur qualité pour des sites internet et applications mobiles pour les Etats-Unis. A côté, ma passion est le Kundalini Yoga que je pratique depuis 2010 et que j’enseigne maintenant depuis quelques mois. Je suis certifiée KRI depuis 2018. Le Kundalini Yoga est une discipline extrêmement complète qui travaille le le corps, la respiration, les chants des mantras, la méditation et qui représente une vision holistique de notre être et un style de vie à part entière. C’est un yoga très puissant sur tous les plans (corps, mental, âme) et je suis fascinée par l’authenticité de cet enseignement millénaire.

Je suis également maman d’une petite fille de 4 ans et j’ai vécu 10 ans au Costa Rica. C’est justement là-bas que s’est réveillée, si je puis dire, une prise de conscience environnementale très importante. Quand je suis rentrée en France en 2016 dans ma ville natale, j’ai du refaire ma vie à zéro et j’ai emporté avec moi bien sûr cette conscience.

Depuis quand as tu entamé une démarche green ? Quel a été le déclic ?

J’ai grandi en ville à Metz, je suis à la base une citadine. C’est en allant à 21 ans au Costa Rica pour y passer d’abord 1 an qu’a eu lieu ce déclic dans ma relation à la nature.

D’abord par le pays en lui-même : un tout petit pays connu pour sa nature luxuriante et qui fonde son image sur la conservation de la nature. Et c’est un pays extrêmement vert visuellement, le vert est partout. Dans la capitale, il y a des animaux sauvages qui se baladent en liberté (iguanes, perroquets), du coup le contact avec la nature est extrêmement évident et réel.

Le Costa Rica évoque pour moi la réminiscence d’une nature luxuriante originelle, d’un “paradis perdu”. La nature prend là-bas le dessus sur tout le reste : c’est une terre où la “pachamama” a tous les droits.

EN 10 ans j’ai vécu des dizaines de tremblements de terre, des pluies diluviennes et les glissements de terrain – qui bloquent des routes vitales pour le pays pendant plusieurs jours – tout cela du fait du climat tropical et de la géologie du pays. Si partout sur terre nous faisons partie intégrante de la nature, et nous y sommes soumis (bien que nous oublions ce lien si puissant, d’oú nous venons) c’est au Costa Rica que j’ai particulièrement appris à m’en rendre compte.

Ainsi j’ai eu très vite conscience de notre impact direct sur l’environnement. Par exemple, au Costa Rica les eaux ne sont pas traitées et sont déversées dans les fleuves – les mêmes qui abritent des espèces de faune et flore uniques au mondes  si prisées des touristes internationaux. Lorsque l’on se rend compte de cela, concrètement (alors que la machine à laver tournait, on pouvait voir l’eau qui coulait et qui sortait sur les trottoirs, dans les égouts, on voyait l’eau sale et on pouvait comprendre ce lien très directement) et bien je peux te dire qu’on change radicalement de produits d’entretien et on ne peut plus imaginer mettre de substances chimiques dans ses toilettes ou son évier !

J’ai vu aussi les cultures intensives d’ananas et de bananes et leurs terres pourries par les pesticides. C’est un drame écologique et humain dans certains villages où les enfants naissent avec des malformations, les paysans meurent très jeunes de maladies liées à un usage sauvage des pesticides, balancés par avion sur des km2 de terres tropicales jadis fertiles et habitées par des espèces menacées… Même chose avec la culture de l’huile de palme, très présente sur la partie pacifique du pays, dans la région de Quepos, ayant détruit des milliers d’hectares de forêts primaires. Sans parler des plages paradisiaques de la côte caraïbe, qui en quelques années sont “mangées” par la mer, à cause du réchauffement climatique, déplaçant des milliers d’animaux sauvages. Tout ceci est une tragédie… qui s’expérimente chaque jour dans ce tout petit pays – et qui est malheureusement le reflet, le miroir de notre planète… que nous détruisons un peu plus chaque jour. face à cela il est impossible de fermer les yeux, de dire “je ne savais pas”…

Du coup dans mon foyer, nous avons mis en place une démarche écologique globale très rapidement (dès 2008, lorsque mon mari et moi nous sommes installés ensemble) : lessive avec noix de lavage, arrêt des produits d’entretien chimiques, diminution de  la consommation de viande, achat de nourriture local et biologique, refus de l’ananas non-bio, mode de vie plus minimaliste, révision de sa garde robe et éradication des achats compulsifs, etc.

Parallèlement, c’est aussi au Costa Rica que j’ai pris mon premier cours de Yoga en 2008. Malgré un papa yogi dès son plus jeune âge, je n’avais jamais pratiqué en France et avant cette date. Dès mon premier cours, j’ai ressenti une prise de conscience très forte sur le lien existant entre toutes les choses – et donc sur notre relation avec l’environnement. Une prise de conscience que nous ne représentons pas grand chose dans cette nature mais en même temps que nous faisons partie de ce tout et nous avons une influence considérable sur lui. Et quand tu as cette conscience, tu te rends compte que tout ce que tu fais, tout ce que tu achètes, tout ce que tu consommes, a impact sur la nature qui t’entoure.

C’est à travers mon expérience de vie au Costa Rica et au Yoga que cette prise de conscience s’est cristallisée et ne m’a jamais quittée.

Comment ta démarche green s’applique-t-elle pour toi au quotidien ?

Toutes ces habitudes ont voyagé avec moi. Nous avons eu un moment d’ajustement en rentrant en France à notre retour en 2016. Voici mes quelques habitudes par thématique :

ALIMENTATION

  • Une diminution drastique de notre consommation de viande, initiée il y a 10 ans avec des périodes complètement végétariennes. Maintenant c’est un équilibre. Lorsque nous décidons d’en consommer, c’est avec parcimonie. Et nous achetons de la viande locale dans la mesure du possible.
  • Consommer des oeufs uniquement plein air /bio.
  • Privilégier les fruits et légumes bio et/ou locaux et/ou de saison
  • Réduire drastiquement notre consommation de produits manufacturés (plats préparés, etc) : réductions les emballages mais aussi les additifs et autres cancérigènes.
  • Boycotter Bayer-Monsanto ! Cela inclut de nombreuses marques comme kellogs, coca cola et j’en passe.
  • Refuser systématiquement les pailles et les couverts jetables
  • Refuser les bouteilles en plastique (dans la famille, a tous une gourde, toujours dans le sac, ce qui fait bien rire nos amis)

SALLE DE BAINS / AUTRE

  • Être petit à petit plus conscients de la consommation de plastique : ne pas acheter un produit qui aurait trop d’emballages. Refuser les emballages pour fruits et légumes etc.
  • Passer au savon et shampoing solides. (cela fait 10 ans que l’on n’utilise plus de gel douche – ou alors vraiment très peu, occasionnellement).
  • En cosmétiques, si je me maquille toujours  et avec des produits pas forcément top niveau compo, je n’achète que je strict minimum, et ne rachète pas un autre produit avant d’avoir complètement terminé le précédent.
  • Trier nos déchets, ne pas tirer la chasse d’eau à chaque “pipi”, fermer le robinet lorsqu’on se brosse les dents ou on se savonne.. mais cela tombe sous le sens 🙂
  • Passer à la brosse à dents en bambou
  • Nettoyer sa maison au savon noir (à tout faire)

TRANSPORTS

  • Ne plus avoir de voiture depuis juillet 2016 (famille de 3 personnes). se déplacer uniquement à pied, vélo, transports en commun. Partager une voiture entre mes parents (séparés) et mon mari et moi. S’en servir qu’en cas d’obligation (déplacement de travail avec matériel pour mon mari), c’est à dire environ 10-15 fois par an en tout.

VÊTEMENTS

  • Vêtements : n’acheter que du durable, de la meilleure qualité et arrêter d’acheter des trucs “cheap” qui ne durent pas. Privilégier les matières naturelles comme le coton, la laine, la soie, le lin.  => Acheter peu mais bien (et beau 🙂 )
  • Ne pas céder à la tentation des modes passagères mais acheter des vêtements “basiques” qui durent au fil des saisons.
  • Donner ce que je ne mets plus, aux amies et associations.

MOBILIER

  • Penser durabilité / fonctionnalité et adaptabilité.
  • Acheter des meubles ayant plusieurs fonctions potentielles, dans le cas ou l’intérieur change.
  • Un même meuble pourra ainsi être recycle en armoire / commode / etc.  selon les besoins du moment.

AUTRE

Depuis quelques mois nous avons pris 2 mesures supplémentaires :

  • Composter, même en vivant dans un petit appartement en ville. Il y a un site de compost collectif dans notre quartier. Du coup les poubelles sont diminuées de moitié.
  • Ne plus aller au supermarché pour privilégier les commerces de proximité : ferme avec produits locaux, naturalia, marché du dimanche.

Nous sommes loin d’avoir une démarche green parfaite – encore trop de déchets, trop de plastique, nous mangeons encore un peu de viande… Mais nous y travaillons et essayons d’intégrer très régulièrement de nouvelles mesures.

J’aimerais revenir sur le yoga comme chemin, comme moyen de se relier à la nature , comment l’expliques tu ?

Pour le comprendre, il faut revenir à l’étymologie du mot Yoga (qui veut dire « unir » en sanskrit), qui est “youga” c’est-à-dire le joug – ce qui relie. Dans le yoga, il y a cette très forte idée d’union : on va unir les 3 aspects de notre corps (corps mental, corps physique et notre âme). Unir aussi notre souffle à notre mouvement et à notre existence. Enfin, unir notre conscience individuelle à la conscience universelle et c’est peut-être là, la clé de la re-connection à la nature.

Avec le Yoga, on prend conscience que nous ne sommes pas tout seuls sur cette planète et que nous sommes reliés à ce tout. Le yoga est du coup très lié à la conscience environnementale.

Je pourrais en parler des heures – ou en faire un dissertation. Mais je sais que, dans mon expérience personnelle, ma prise de conscience de l’environnement, des petits gestes qui changent tout et d’un changement d’habitudes est allé de pair avec le début du yoga, en 2008.

Le yoga nous permet de prendre conscience. Prendre conscience de notre souffle, de notre corps, de qui l’on est. Des autres aussi. De notre place en ce monde. Si petite mais si impactante. Que nos actions ont des conséquences. Que chaque parole, chaque acte, chaque pensée amène son lot de karma et de conséquences. Et que donc nous sommes responsables, RESPONSABLES : de ce que nous créons, de ce qui nous entoure. De le détruire ou le préserver.

Nous faisons aussi partie d’un cosmos plus grand, dans lequel nous ne sommes rien – sans lequel nous ne sommes rien. Tout cela, décrit ici seulement de façon superficielle, amène à une plus grande conscience. Qui a un impact inévitable sur la façon dont on se comporte, dont on consomme, dont on traite les autres vies humaines.

Aujourd’hui enseignante de yoga – un grand honneur – je sais que semer la graine de la conscience chez les élèves fait partie d’un démarche plus globale, plus holistique de changement de ce monde. Cela commence par soi. Par une goutte d’eau. Et le yoga nous y amène très naturellement…

Un exercice de méditation de Kundalini Yoga.

Méditer n’est pas forcément aisé lorsque l’on ne sait pas comment faire, ni par oú commencer. J’aimerais partager avec vous une technique très simple, à la portée de tout le monde, et très puissante, qui nous permet de nous reconnecter au souffle, à soi, au monde.

Son nom est “Soulager le stress et éclairer les émotions du passé” – elle a été enseignée par Yogi Bhajan en novembre 1991, en Californie à des centaines de femmes venues pratiquer le KY.

  • Asseyez-vous dans une posture confortable, de préférence assis(e) en tailleur, le dos bien droit, et le menton légèrement rentré. Si la posture en tailleur est trop difficile pour vous, asseyez-vous sur une chaise, les pieds bien à plat au sol, le dos bien droit.
  • Placez vos de mains devant vous, au centre de la poitrine, en formant un triangle : chaque pulpe de doigt touche le même doigt de la main opposée, tout en laissant de l’espace entre les paumes, comme sur la photo ci-dessous.
  • Regardez le bout de votre nez (louchez). Vous pouvez fermer un peu les yeux si cela facilite la posture des yeux.
  • respirez en 4 fois par minute : inspirez en 5 secondes – retenez le souffle durant 5 secondes – Expirez en 5 secondes.

Si tenir les 5 secondes est difficile au début, vous pouvez simplement compter jusqu’à 5, en vous assurant que chaque partie du cycle (inspire, rétention, expire) ait la même durée.

Pratiquez cela pendant 3 minutes au début, puis avec la pratique vous pouvez continuer jusqu’à 11 minutes.

Si cette méditation vise à se débarrasser du stress et des émotions perturbantes du passé (peurs, phobies), ainsi que des situations difficiles, elle est avant tout très efficace pour prendre conscience de son souffle, se reconnecter à soi et développer de l’empathie et de la compassion – pour nous-mêmes et pour ce qui nous entoure. Essayez-là, et expérimentez de vous-mêmes.

Enfin, quelle est la citation qui te motive et que tu aimerais partager ?

Il y en a une de  Yogi Bhajan que j’affectionne tout particulièrement : « Travel Light, live light, spread  the light, be the light ».

Travel light : “Voyage léger”. La première étape est celle de ne pas s’encombrer, dans tous les sens du terme.  Contente toi de peu dans cette vie, ne t’alourdit pas de trop de choses, matérielles ou émotionnelles. On touche ici la pensée minimaliste.

Live light : “Vis de façon légère”. Ensuite, il s’agit d’élargir cela à notre façon de vivre.  Vis simplement, ne laisse pas une grosse empreinte sur cette planète. Consomme peu, et responsable. Mais aussi déleste toi du poids des habitudes, émotions et actions qui te desservent : connecte-toi et deviens plus léger.

Spread the light : “Diffuse la lumière”.  Une fois que l’on est capable de vivre simplement, se contenter de peu, d’avoir moins d’impact, la 3ème étape est d’enlever les couches superficielles et encombrantes de notre être, comme on pèlerait un oignon. C’est alors que notre véritable lumière peut rayonner, se diffuser. Be the light : “Sois la lumière”. Deviens la personne qui diffuse cette lumière, comme une référence, un phare dans l’obscurité. Inspire les autres. Tends-leur la main. Éveille leur conscience. Fais preuve de compassion et d’amour inconditionnel. Fais de ta vie un exemple à suivre…

Julia @pritam.chandra_yoga 

Et vous, que pensez vous du yoga et de la méditation pour se reconnecter à soi-même et à la nature ?

Commentaires
  • Claire
    Répondre

    Un grand merci pour ce témoignage Julia 🙂 La citation que tu as choisie me touche particulièrement. J’ai un carnet qui m’accompagne dans lequel je note les choses, bonnes ou mauvaises qui ont pu marquer ma journée ou ma semaine et j’ai un petit espace un peu à part e que j’ai titrée “Autour de moi” dans laquelle je note justement ces moments de reconnexion, à moi et à la nature. Et j’ai hâte d’y ajouter cette jolie phrase !

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