dans Héroïne Green

Le mot kaizen (改善) est la fusion des deux mots japonais kai et zen qui signifient respectivement « changement » et « meilleur ». Mais c’est également une méthode : celle du changement par les petits pas. KAIZEN, c’est aussi le nom d’un magazine engagé et très inspirant qui prône cette philosophie “de changer le monde pas à pas”. Cyril Dion a co-fondé ce magazine en 2012. Alors bon vous comprendrez que chez GreenMa on aime beaucoup KAIZEN.

Cyrielle qui travaille chez Kaizen s’est prêtée au jeu des questions. Pascal le rédacteur en chef vous offre un article sur la reconnection à la nature pour clôturer cette semaine consacrée à cette thématique. Et un si vous souhaitez vous abonner, Kaizen vous offre un hors série (ETRE AUTONOME) avec le code GREENMA. toutes les infos en bas d’article !

Bonne lecture !

CYRIELLE HÉROÏNE GREEN #20

– Qui es tu ? Que fais tu dans la vie ? Tu peux présenter Kaizen.

J’ai 31 ans et j’ai grandi en Suisse, dans une petite ville entre lac et montagne. J’ai d’abord fait des études universitaires en Lettres à Genève, jusqu’à la maîtrise, avant de bifurquer une première fois pour devenir fleuriste. J’avais besoin de me reconnecter à un savoir-faire manuel, d’être dans la création.

Au bout de deux ans, j’ai démissionné : ma vie manquait de sens et j’avais l’impression de ne pas mettre mes capacités au service des bonnes choses, de me gâcher. A cette époque Kaizen cherchait une attachée commerciale. Je n’avais jamais occupé un poste de ce genre mais j’ai senti que j’y serai à ma place, alors j’ai postulé très spontanément et avec beaucoup d’honnêteté, sans cacher que je n’avais pas forcément ni la formation ni les connaissances techniques demandées sur la fiche de poste. J’ai rencontré l’équipe et fait la connaissance de personnalités bienveillantes, plus intéressées par l’humain que par le CV sensé le représenter. Et j’ai eu le job !

Kaizen est un beau projet : celui de quatre personnes qui décident un jour de faire leur part en créant un média indépendant, inspirant et pétri d’espoirs pour demain.

L’idée de base, et qui nous anime toujours aujourd’hui, c’est que les informations négatives ne nourrissent pas une action constructive, au contraire souvent elles conduisent à la peur, au repli, voire à la violence. Kaizen donne donc la voix à toutes les initiatives alternatives positives qui essaient tant bien que mal de répondre aux problématiques actuelles, dans des thématiques très variée : agriculture, alimentation, éducation, gouvernance citoyenne, énergie, économie, bien-être… Le but est de révéler aux grand public l’existence de tous ces projets, de tous ces possibles, et de l’inciter à se responsabiliser et à devenir à son tour et à son échelle acteur de ce changement pour un monde meilleur, plus juste, plus solidaire, plus écologique. Nous essayons de montrer qu’il y a d’autres façons d’envisager le monde, qu’une autre histoire, et un autre futur, sont à portée de main et qu’on peut tous faire sa part.

– Depuis quand as tu entamé une démarche green ? Quel a été le déclic ? 

J’ai entamé une démarche « green », décroissante et plus éthique, en 2012.

Pour être tout à fait honnête, le déclic a été économique. A cette époque, je venais te quitter le monde universitaire et la Suisse pour m’installer à Toulouse et j’ai connu une période de précarité financière sur 3 ans. Je n’étais pas la plus à plaindre, ayant un toit au-dessus de ma tête, la santé et personne à charge, mais ça a remis pas mal de choses en question dans mes habitudes de consommation.

Mon pouvoir d’achat ne me permettait plus de faire mes courses de la même manière, d’acheter des marques sans réfléchir, de blinder ma salle de bain de cosmétiques à tort et à travers, de faire du shopping. Alors j’ai cherché des alternatives « petit budget » et ça m’a naturellement conduite à consulter pas mal de blogs minimalistes, incitant à la décroissance, au DIY, à la récup’.

En les lisant, j’ai appris énormément de choses que j’ignorais jusqu’alors faute de m’y être intéressée : la vérité derrière la fabrication des cosmétiques, ce qui se cache dans les nomenclatures alambiquées des étiquettes, les méfaits de l’industrie pétrolière, les conséquences désastreuses de la production d’huile de palme ou de plastique sur l’environnement, les pratiques mafieuses de grands groupes alimentaires, pharmaceutiques ou bancaires auxquels je faisais jusqu’ici confiance les yeux fermés, l’existence de ces continents de déchets qui parsèment le monde, j’en passe et des meilleures.

Je ne pouvais plus retourner en arrière. Pas en sachant tout ça.

Aujourd’hui, mon train de vie est largement plus confortable, ma démarche éthique et décroissante ne répond plus à la contrainte économique mais à un véritable engagement, politique, philosophique et intellectuel.

– Comment s’applique t elle pour toi au quotidien ? 

Au quotidien, j’applique au maximum la règle des 6R : je refuse, je réduis, je réutilise, je répare, je recycle et je composte (rot).

Je suis loin d’être irréprochable sur tout mais jour après jour, je relève un peu mieux le défi. J’adore faire les choses moi-même, récupérer quelque chose pour en faire autre chose, ça nourrit mon besoin de créativité et ça me rend fière de moi.

Je me suis récemment engagée sur deux nouveaux aspects : ne plus rien acheter de neuf (sauf exception avec les sous-vêtements ou le linge de lit par exemple) et renoncer au smartphone dès que le mien sera HS pour repasser à l’analogique avec un téléphone fixe et un simple portable permettant l’envoi et la réception de SMS et d’appels.

En tant que consommatrice, la façon dont j’utilise mon argent est un message clair : si je suis en désaccord avec un produit je montre que je ne le cautionne pas en ne l’achetant pas. Je suis très partisane des démarches de boycott, en France c’est un des seuls vrais leviers dont le peuple dispose pour faire entendre sa voix.

La reconnexion à la nature est la thématique de notre semaine.

– Quels sont tes conseils quand on est en ville pour se reconnecter à la nature et se sentir bien ?

Vivre à Paris est pour moi un défi de tous les instants qui me met à mal, je dois l’avouer. Ayant grandi en Suisse et toujours eu un accès facilité à la nature, c’est un vrai challenge d’habiter la capitale ! Je pense que plus qu’ailleurs, une ville de plus petite taille ou côtière par exemple, il est très difficile de se reconnecter à la nature à Paris. Personnellement, je quitte la ville dès que je peux pour aller me ressourcer en forêt ou en bord de mer évidemment, ces temps hors des murs sont vitaux, il faut se les octroyer et les vivre pleinement.

Mais ce n’est pas toujours possible niveau temps et budget. Alors j’ai mes parades ! J’ai une jolie petite collection de playlists « nature » (j’affectionne particulièrement les orages et les bruits de pluie) que je me colle dans les oreilles, lovée dans mon canapé, et qui m’aident à m’évader. Je vais acheter mes fruits et légumes chez des maraîchers bio et je me repais de leurs couleurs, odeurs, textures, je les cuisine, je les déguste, je m’imagine les avoir cueillis moi-même, je fonctionne beaucoup à l’imaginaire et pour le cerveau c’est franchement la même chose (relisez à ce titre Le Vagabond des Étoiles de Jack London). J’ai aussi quelques petits arbres favoris dans mon quartier, où je vais m’adosser de temps en temps pour me recharger en énergie, et dès qu’un rayon de soleil pointe son nez, surtout en ce moment, je lui offre mon visage pour faire le plein de chaleur !

Sinon, je suis très à l’écoute de mon corps et de ses cycles, en tant que femme, et j’accepte de ralentir quand il faut, de laisser place au repos, avant de repartir sur des phases plus dynamiques et productives !

C’est aussi ça, se reconnecter à la nature et se sentir bien : accepter qu’elle n’est pas séparée de nous mais en nous, qu’on est partie du tout.

Enfin, quelle citation te motive et que tu aimerais partager ?

Je pense souvent à celle de Paulo Coelho, dans l’Alchimiste : « L’heure la plus sombre est toujours celle qui précède le lever du jour. » En ces temps de chaos que nous vivons, je me dis que nos lendemains seront donc forcément lumineux !

KAIZEN vous offre l’article qui suit, bonne lecture. 

La nature à portée de main

Comment rester en lien avec la nature, à la maison, au travail, en ville ou à la campagne ? Pris par notre rythme quotidien et des pensées qui encombrent l’esprit, nous oublions parfois d’observer et de savourer avec attention ce qui nous entoure. Voici quelques pistes pour maintenir en conscience nos affinités avec le vivant.

Se nourrir en conscience

Si l’air que nous respirons est indispensable à la vie, l’alimentation est notre premier contact physique avec la terre. Savourer une tomate, siroter un jus de fruit frais, humer les parfums des épices, déguster un plat mijoté avec amour… Tous ces gestes simples nous rappellent chaque jour notre lien intime et vital avec la nature. « Je suis une mangeuse éveillée », écrit la naturopathe Ariane Roques dans son livre-jeu Se nourrir en conscience 1. En éveillant nos sens, l’autrice nous invite à jouer, ressentir et méditer autour des saveurs. Observer, sentir, toucher, mâcher, respirer profondément : prendre conscience de chaque étape est essentiel. Manger en silence ou les yeux bandés sont autant d’exercices ludiques qui aident à renouer avec les joies de la table. Car nourrir son corps, c’est aussi nourrir son esprit. Dans certaines cultures animistes, on parle même de « manger chamaniquement » lorsqu’il s’agit de manger « l’esprit des aliments », explique Paul Degryse, formateur en chamanisme [lire page 46]. Source d’énergie et de santé, une alimentation saine est aussi un bel hommage rendu à notre terre nourricière !

L’eau, source de vie

Elle est à l’origine de l’apparition de la vie sur Terre. Elle fait circuler les éléments – oxygène, nutriments… – au cœur du monde minéral, végétal, animal et humain. Elle régule la température de la planète et celle des corps. Elle constitue le corps humain à 65 % – correspondant à 45 litres en moyenne pour un adulte. Quel génie ! Essentielle dans l’alimentation, l’eau est aussi une ressource indispensable pour se laver. À son contact, depuis la nuit des temps, les civilisations ont élaboré des pratiques de purification du corps : bains, douches, hammams, saunas et autres rites… L’eau et ses vapeurs ont de multiples vertus. Prendre conscience qu’au quotidien l’eau nous apporte détente, hygiène, beauté et santé, c’est aussi renouer avec son pouvoir.

Bain végétal

C’est désormais prouvé par la science : les plantes communiquent entre elles 2. De l’arbre majestueux à la fleur délicate, le monde végétal a une forme d’intelligence qui nous interpelle de plus en plus. En ville, comme dans les campagnes, les plantes sont des alliées dont le contact sensible est à cultiver au quotidien. Dans un paysage naturel, un parc ou un simple jardin, observer les détails d’une feuille de chêne, d’une marguerite, d’une écorce, humer les parfums, caresser une tige, réveille les sens et apaise le mental. Parce qu’elles sont source d’oxygène et purifient l’air pollué dans les espaces fermés, le Dr Qing Li 3, immunologiste japonais, conseille de « faire entrer la forêt chez soi », en remplissant nos lieux d’habitation et de travail avec le plus de plantes possible. Exception faite des chambres à coucher où il faut privilégier les plantes qui rejettent de l’oxygène la nuit comme les orchidées et les plantes grasses. Au travail, le chercheur rappelle que des études ont montré les bienfaits des « micros pauses nature » contre la fatigue mentale 4.

Merveilleuse vie animale

Dans Plaidoyer pour les animaux 5, Matthieu Ricard invite à étendre notre bienveillance à l’ensemble des êtres sensibles. On peut ainsi s’émerveiller en regardant la totalité des formes de vie animale comme des entités ayant toute leur place dans la sphère du vivant. Avec un regard neuf et plus conscient, la cohabitation – sans nuisances réciproques – devient souvent possible avec nos amies les bêtes, du plus petit insecte au plus gros mammifère. Dans les espaces naturels, l’observation des animaux sauvages est accessible à tous si l’on change d’échelle : contempler une araignée qui tisse sa toile ou une petite colonie de fourmis a autant de sens qu’admirer le vol d’un rapace ou la course d’un chevreuil. Dans les espaces domestiques, le contact avec un animal de compagnie, tels le chat et le chien, nous invite à renouer avec la sensibilité et l’intelligence animales. Écouter avec attention le ronronnement d’un chat ou caresser un chiot dans ses bras aideraient ainsi à diminuer le stress 5. Une tendresse inspirante à méditer…

De la terre au ciel

Tel le Yin et le Yang, la terre s’admire avec son complément : le ciel. Il suffit de lever la tête pour se rendre compte que la nature est toujours là, même dans la jungle de béton urbaine. De jour comme de nuit, le ciel, les nuages, la pluie, le vent, le soleil, la lune ou les étoiles nous invitent à savourer les mille et une beautés de la nature, à commencer par celle, toute particulière, de notre chère planète Terre.

Ariane Roques, Se nourrir en conscience, Le Souffle d’or, 2016.

Francis Hallé, Plaidoyer pour l’arbre, Actes Sud, 2005.

Dr Qing Li, Shinrin Yoku. L’art et la science du bain de forêt, First Éditions, 2018.

Note Kate E. Lee et al., “40-second green roof views sustain attention : The role of micro-breaks in attention restoration”, Journal of Environmental Psychology, vol. 42, 2015.

Note à venir Matthieu Ricard, Plaidoyer pour les animaux, Allary Edition, 2014.

 


 

KAIZEN VOUS FAIT UN CADEAU.

Si vous souhaitez vous abonner à Kaizen, un cadeau plein de sens pour ces temps de fêtes de qui arrivent,  le  code GREENMA donne accès pour tout abonnement, quel qu’il soit, au hors-série autonomie tome 2 et aux frais de port offerts. L’offre est limitée à la France métropolitaine pour des raisons évidentes de coût. Cet hors série comprend 133 DIY pour jardiner, cuisiner, décorer, faire ses cosmétiques…

Merci à Kaizen pour ce partage 🙂

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